Déambulations poétiques, sauvages et gourmandes 

& rituels sacrés inspirés des plantes



Je la mets à infuser sur mon poêle avant de me coucher et la déguste au petit matin.

C'est un délice de me réveiller avec son goût minéral aux notes de fruits rouges

et de contempler le vert profond de son infusion

concentrant toute la vitalité de l'éveil printanier.

Je vous livre ici ce que m'a murmuré l'Ortie

qui pousse près de la Source

ainsi que la recette de son infusion nourrissante. 



Grand apport d'énergie et protection


L'Ortie nourrit en profondeur nos êtres et nous apporte un grand flux d’énergie pour démarrer le cycle de transformation matérielle et spirituelle propre à cette période. Originaire d'Eurasie, elle est aujourd'hui présente dans le monde entier. Eternelle voyageuse, elle parcourt la Terre grâce à ses longs rhizomes qui se propagent à toute vitesse. 

Où qu'elle aille, elle emmène avec elle cette impulsion vitale. 

Les feuilles d'Ortie sont très riches en protéines, vitamines, minéraux et oligo-éléments et les graines en acides gras essentiels. La présence simultanée de vitamines B1, C, E, fer, zinc, sélénium et manganèse renforce et protège notre système immunitaire. Elle permet aux personnes fragilisées de retrouver leur forme physique et à celles épuisées par le stress - qui puise dans nos réserves en minéraux - de retrouver une bonne stabilité nerveuse. La silice contenue dans ses poils urticants donne de la vitalité à nos ongles et cheveux ainsi qu'à nos os et cartilages.

Cette richesse en minéraux et sa haute teneur en fer nourrit notre sang en profondeur. En médecine chinoise la bonne santé du sang est considérée comme l’élément clé de notre énergie vitale. Elle nous protège contre les attaques extérieures et nous permet d’être pleinement incarné.e et de vibrer de toute notre énergie.



Nettoyage profond

Cette période particulière nous invite à réaliser un travail de nettoyage des illusions concernant qui nous sommes, à abandonner certaines croyances, à laisser de coté les modèles dépassés.

L'Ortie nous aide à faire ce grand nettoyage.  Caractéristique rare, cette plante nourrit et nettoie en même temps. Grande dépurative, elle aide le corps à éliminer les toxines par le reins. Elle est aussi diurétique et favorise l’élimination de l’acide urique, substance inflammatoire pour les articulations et de l’eau qui stagne dans le corps.

Elle nettoie aussi le sang : sa richesse en minéraux permet de tamponner les déchets acides de l'organisme grâce à leur substances alcalines. On la considère d'ailleurs dans de nombreuses  régions comme "nettoyante du sang".   Et un sang moins chargé en déchets ravivera notre vitalité.



L'Ortie nous pose donc la question de comment circule notre énergie ? Et où est-ce que nous l'employons.

Inséminatrice d'énergie, elle nous donne le courage d'oeuvrer pour quelque chose à la hauteur de ce que l'on est. 

Conquérante, ses pointes acérées et son aspect guerrier nous offrent la détermination nécessaire pour avoir confiance en qui nous sommes et marcher fermement sur notre chemin, pour affronter nos peurs, ne pas s’arrêter aux premiers obstacles et ne pas se laisser refréner par le passé. Son impulsion vitale nous aide à transformer activement notre réalité en accord avec notre essence profonde. 



RECETTE SAUVAGE  L'infusion nourrissante à l'Ortie

L'infusion de feuilles d'Ortie permet d'extraire ses minéraux (magnesium, calcium, potassium, etc.) sous leur forme la plus simple et de les absorber facilement. Cette tisane est très nutritive et reminéralisante. Elle fortifie notre organisme en lui donnant de la vitalité. 

Mettez 70g d'Orties fraiches ou 30g d'Orties sèches dans une casserole remplie d'1 litre d'eau et, à couvert, faites chauffer sur feu très doux. Arrêter le feu dès que l'eau frémit, sans faire bouillir. Laissez infuser toute la nuit, filtrez, buvez tout au long de la journée le lendemain et savourez la magie.



Le rituel de la Tisane est un de mes moments préférés de la journée.

Si vous souhaitez en savoir plus sur la confection d'infusions médicinales avec les plantes sauvages guérisseuses, vous pouvez voir le replay d'une de mes déambulations sauvages autour de l'art de la Tisane.




J’ai songé à creuser la terre de mes mains nues

dans le creux des racines du vieux Châtaignier,

J’ai songé à m’y faire un nid tapissé de mousse de forêt,

A me blottir bien au chaud au coeur de la Terre,

A écouter le silence et le crépitement de ma vie créatrice,

A veiller mes rêves au coin du feu,

A m’emmitoufler dans mon châle tissé d’or et de ténèbres,

A m’abreuver des mots de muses poétesses,

A nourrir mon âme de leurs pensées fertiles,

A fredonner doucement,

ce chant jaillissant des tréfonds de mon être,

pour la vieille sorcière et la jeune fée que je suis,

A recueillir les graines des apprentissages passés et futurs,

A les faire germer à fleur de peau,

A enduire mon corps de mes onguents magiques,

A sentir, sur ma peau nue, la caresse de la lueur des flammes.



J’ai mijoté cette recette au coeur de ce songe.

Dans le lait d’amande frémissant, j’ai jeté les racines parfumées recueillies au coeur de la Terre.

J’ai mijoté cette recette au coeur de l’hiver pour vous, pour nous.

Pour nous qui souhaitons retourner en nos terres intérieures, ralentir, respirer, savourer la gratitude d’être ici et maintenant.



Cette recette est une offrande.

Elle est infusée de ce que nous offre généreusement la Nature.

C’est une invitation à prendre un temps pour vous. A faire une pause. A vous laisser envelopper par la brume veloutée d’une après-midi d’hiver.

Il vous faudra gratter la terre de vos mains nues.

Il vous faudra retourner en vos racines intérieures pour extraire de la Terre-Mère ses précieuses radicelles.

Il vous faudra poser des intentions douces et chaudes pour les graines que vous souhaitez faire germer au retour de la lumière.



Cette recette mêle les parfums caramel et chocolat ponctués de notes poivrées du Genévrier, les effluves chaloupantes au clou de girofle de la Benoite et le piquant des graines de Carotte sauvage. Des saveurs chaudes, sucrées et épicées équilibrées par la fraicheur des rhizomes vert-émeraude du Polypode évoquant la réglisse.

Ce tchaï local ouvre le champ des possibles. Il résonne comme une invitation à explorer la riche palette gustative de nos plantes sauvages. Non, les épices ne viennent pas forcément de loin. Juste là, à deux pas, il y a ces arômes dépaysants qui chamboulent et émeuvent les papilles.



L’ardence du Genévrier (Juniperus communis) remettra en circulation nos énergies stagnantes et sa douceur enrobera nos coeurs.


La Benoite (Geum urbanum) nous enseignera à être présent.e et bien enraciné.e pour pouvoir extraire attentivement ses délicates radicelles.


Avec ses spores poudrés d’or, le Polypode commun (Polypodium vulgare) nous rappellera que, pas à pas, nous cheminons vers Imbolc, le retour de la lumière. Nous caresserons la mousse qui pousse à ses pieds pour lui demander de le ramasser.


Les graines de Carotte sauvage (Daucus carota), récoltées à l’Automne, nous rememoreront l’importance du temps de dormance. Ce repos hivernal des graines est essentiel pour que, plus tard, elles puissent à nouveau faire germer la vie. Elles nous demanderont de choisir les graines que nous souhaitons voir pousser au Printemps.



LA RECETTE SAUVAGE

Pour deux tasses fumantes


Ingrédients

50 cl de lait de riz

les radicelles d'une Benoite (Geum urbanum)

3 cm de rhizome de Polypode (Polypodium vulgare)

12 "baies" de Genévrier (Juniperus communis)

2 ombelles en graines de Carotte sauvage (Daucus carota)


Récoltez avec soin et respect les radicelles d’une Benoite, le rhizome de Polypode.

De retour de cueillette, commencez par laver attentivement les radicelles de la Benoite et les rhizomes du Polypode puis taillez-les.

Concassez légèrement les baies de Genévrier et les graines de Carotte sauvage dans un mortier.

Versez le lait de riz dans une casserole et ajoutez-y toutes ces épices sauvages.

Couvrez et mettez le tout à chauffer doucement puis laissez frémir 10 minutes. 

Coupez le feu et laisser infuser 15 minutes.

Filtrez et savourez.

I. La Mûre


Il faut exercer une légère pression entre les deux doigts et tirer délicatement.

Si elle ne cède pas, ne pas insister. Et surtout, attendre qu'elle soit bien mûre.

Mûre à point.


Parfois, on se précipite. On est passé cent fois devant en résistant mais, aujourd’hui, elle semble si dodue, si luisante au soleil, qu'en la sentant récalcitrante, on tire encore plus fort.


Elle abdique à contre-cœur mais, en bouche, sa mauvaise humeur se transforme vite en âpreté qui condamne avec fermeté notre avidité.



La précipitation ne fait pas partie du champs lexical de l'été.


L'été nous fredonne une langue langoureuse et chantante dont la syntaxe frivole ouvre une parenthèse d'insouciance et de tranquillité.

C'est une invitation à ralentir, à se laisser aller à la volupté du temps long qui s'étire nonchalamment dans le creux des heures chaudes.


Les fruits d'été portent en eux le secret du temps juste.

Ils résistent, non pas pour nous tenir tête, mais pour nous inviter à patienter encore un peu avant de les cueillir.

Ils se détacheront gracieusement à l'instant précis où ils auront distillé tout leur potentiel aromatique. Cet instant sublime où l'équilibre parfait entre le sucré et l'acidité est atteint.


Juste à point.


Pour savourer pleinement la quintessence de l'été, il faut donc apprendre à devenir esthète de la lenteur. Et, ne jamais se laisser emporter par l'empressement impatient qui gâcherait le fruit de ces longues heures de murissement concentrées.


Finalement, c'est une histoire de confiance paisible : dans l'indolence des heures chaudes, quand tout semble figé, pétrifié sous le soleil de plomb, il y a les fruits qui se gorgent en sucre et murissent tout doucement mais surement.


Et de là, comprendre intimement qu'au cœur même de cette oisiveté, il y a nos rêves qui murissent et prennent forme. Tranquillement mais surement.



Quand on a su attendre, quelle récompense !

La Mûre se détache amoureusement en colorant légèrement nos doigts de ses drupes confites au soleil, éclatées sous les vibrations du chant des cigales.

En bouche, c'est une caresse de caramel chaud et roussi ponctuée d'une pointe d'acidité qui fait frissonner les mandibules.

Puis vient le croquant contrastant parfaitement avec l’onctuosité.


S’ensuivent les sourires ravis, surlignés de bleu-pourpre, tous abasourdis de se délecter ainsi de ces cadeaux gratuits si généreusement offerts.


Et, dans un murmure : « Tout vient à point à qui sait attendre ».



II. La Carotte sauvage


En août, l'oliveraie prend la couleur paille des herbes desséchées au soleil. Il ne reste plus que les Carottes sauvages, majestueuses dans leurs collerettes de reines, et la forteresse de Mûres gardiennes du royaume des oliviers.


On reconnaît la Carotte sauvage grâce à la fleur pourpre qu'elle abrite en son cœur.

Un cœur couleur-de-Mûres qui porte l'annonce de l'embrasement des feuilles attisé par les premiers vents d'automne.



J'aime cuisiner inspirée. Par l'humeur que souffle la saison, par la poésie d'un lieu-dit, la palette chromatique d'un instant...

C'est de cet instant, d'un rayon de soleil ocre-orangé qui caressait le cœur incandescent des Carottes sauvages balançant devant les Mûres compotées au soleil dont cette tarte veut témoigner.


C'est de ces premières couleurs automnales entremêlées. De ces premières saveurs plus veloutées qui nous font doucement rentrer dans notre intériorité.


III. La recette sucrée-piquante-acidulée


Quand elles se replient dans leurs nids de graines, le sucré des fleurs de Carottes sauvages se teinte de notes piquantes, ce qui tombe à pic pour notre recette qui tisse :


Le sucré floral des ombelles de Carottes sauvages

L'acidulé caramélisé de la Mûre

Le piquant croquant des graines de Carottes sauvages

LA RECETTE SAUVAGE


Une pâte sablée aux graines de Carottes sauvages parfumée de quelques gouttes de l’huile essentielle distillée l'automne dernier.


Une crème pâtissière au lait végétal infusée et fleurie aux ombelles de Carottes sauvages.


Et des Mûres confites dans du miel et déglacées au vinaigre de Mûres de Linda Louis.


Le tout fleuri d’ombelles et parsemé de graines de Carottes sauvage encore vertes qui croquent sous la dent.



La pâte sablée sans gluten aux graines de Carottes sauvages


Ingrédients :

60 g de farine de riz

30 g de farine de mais

30 g de farine de sarrasin

10 g de fécule de mais

40 g de sucre

40 ml d’huile d’olive

Eau

1 oeuf bio de poule bien nourrie et élevée avec soin

5 gouttes d’huile essentielle de carotte sauvage, graines de carottes sauvages

1 poignée de graines de chanvre torréfié et pilé (optionnel)

2 belles poignées de graines mûres de Carottes sauvages


Recette :

Egrainez les nids de graines de Carottes sauvages puis mélangez tous les ingrédients pour obtenir une boule homogène.

Etalez la pate à la main et cuire à blanc pendant 20 min à 180°C.



La crème patissière au lait végètal parfumée aux fleurs de Carotte sauvages


Ingrédients :

7 ombelles de Carottes sauvages

50 cl de le lait de riz

25 g de sucre semoule

2 oeufs entiers bio très frais

40 g d’amidon de maïs


Recette :

Versez le lait et les ombelles dans une casserole et portez à frémissement à feu doux et à couvert. Coupez le feu et laissez infuser 15 min.

Quand la préparation a refroidi, rajoutez l'amidon , le sucre et les oeufs.

A feux doux, mélangez constamment jusqu'à épaississement.

En fin de cuisson, mixez et réservez au frais.



Le vinaigre de Mûres de Linda Louis (à préparer 2 semaines à l'avance)


Ingrédients :

300g de Mûres

900ml de vinaigre de cidre


Recette :

Ecrasez les mures.

Versez-les dans un bocal et recouvrez de vinaigre.

Laissez macérer 2 semaines dans un endroit chaud.

Filtrez à l'aide d'une étamine et mettre en bouteille.


Les Mûres compotées aux rayons de soleil et déglacées aux vinaigres de Mûresmures

Ingrédients :

6 belles poignées de Mûres mûres à point

1 càS bombée de miel

1 càS de vinaigre de Mûres


Recette :

Faites caraméliser les Mûres dans une poêle avec le miel.

Déglacez au vinaigre de Mûres.



Le dressage

Ingrédients :

Des ombelles de Carottes sauvages fraichement cueillies.

Des graines encore vertes de Carottes sauvages.


Recette :

Répartissez la crème pâtissière sur la pâte sablée.

Recouvrez des Mûres caramélisées.

Parsemez de graines de carottes sauvages encore vertes.

Embellissez le tout d'ombelles de Carottes sauvages.


Savourez avec une infusion de Ronces et une lumière dorée de fin de journée d’été.


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